Vagues de chaleur

Comprendre les perceptions du risque pour réduire les impacts sanitaires

Bourse de recherche (individuelle)

Nombre de bourse : 1

Montant : 17 000 €

Chaque lauréat bénéficiera en outre de :

• suivi scientifique et tutorat personnalisés
• accompagnement dans la valorisation des résultats de la recherche (traduction en anglais, publication sur ce site, soutien pour publier dans des revues d’excellence et notamment dans la revue Alternatives humanitaires, participation aux Rencontres de la Fondation)
• abonnement d’un an à la revue Alternatives humanitaires
• une adhésion d’un an à l’International Humanitarian Studies Association (IHSA)

Dates clés :

• 8 avril 2021 : lancement de l’appel
• 23 mai 2021 : clôture des candidatures à minuit (heure de Paris)
• 8 juillet 2021 : annonce des résultats
• 1er sept. 2021 : début de la recherche
• 1er sept. 2022 : rendu des livrables

Mots-clés :

• Santé
• Risque
• Ville
• Canicule

Cet appel, et la recherche qui sera réalisée à sa suite, entrent dans le cadre d’un programme de recherche collectif international du RC3 (Red Cross Red Crescent Research Consortium) sur les vagues de chaleur.

Le RC3 est un consortium de recherche du Mouvement Croix-Rouge Croissant-Rouge (CRCR), au sein duquel de nombreuses initiatives scientifiques se développent sur des thématiques spécifiques, avec un large spectre de méthodologies, de zones géographiques et d’expertises. Le RC3 vise à rassembler les centres et les talents de recherche du Mouvement CRCR, sur tous les continents, pour mieux accompagner les actions et changements nécessaires du secteur humanitaire et des « sociétés nationales »[1] de concert avec la science et le secteur académique. En coordination avec la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), le consortium regroupe aujourd’hui 19 centres de recherche ou d’expertise du Mouvement, avec pour objectif de mieux présenter l’offre scientifique des centres, mieux la connecter aux pratiques et au changement, et contribuer au développement de la culture de la recherche au sein du Mouvement.

Le programme de recherche collectif international du RC3 sur les vagues de chaleur est une initiative scientifique visant à améliorer l’action humanitaire face à un risque en augmentation rapide, par la mise en évidence de l’ampleur des risques, mais surtout l’identification des besoins des personnes les plus vulnérables et la proposition de solutions pour renforcer leur résilience face à la hausse des températures. Il sera mis en œuvre dans au moins dix pays jusqu’en 2023.

Thématique de recherche

Depuis le début du XXe siècle, la température moyenne à la surface du globe a augmenté de 0,74 °C, avec une nette accélération depuis 1976, atteignant 0,19 °C par décennie[2]. On a même enregistré une hausse de 0,27 °C dans l’hémisphère sud et 0,53 °C dans l’hémisphère nord entre 1997 et 2006[3], par rapport à la normale calculée pour 1961-1990 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dans son rapport de 2014[4], le pire scénario conduit à un réchauffement climatique de 4,8 °C en 2100, et les prévisions risquent d’être encore plus pessimistes dans le prochain rapport de 2021-2022.

Les vagues de chaleur sont une des conséquences graves de ces bouleversements climatiques à l’échelle mondiale, où on observe une augmentation de leur fréquence, durée et intensité. Selon le Lancet Countdown[5], la vulnérabilité aux chaleurs extrêmes n’a cessé de croître dans toutes les régions, avec 125 millions de personnes exposées aux vagues de chaleur de plus en 2016 par rapport à 2000. En Australie, par exemple, plus de 200 records de chaleur ont été enregistrés[6] sur les années 2018 et 2019. Cette tendance va se poursuivre au XXIe siècle. Aujourd’hui, près d’un tiers de la population mondiale fait face à des pics de chaleurs pendant au moins 20 jours par an. D’ici 2100, cette proportion pourrait atteindre 48 %, dans le meilleur des cas qui impliquerait une réduction drastique des émissions des gaz à effet de serre, et 74 % dans le pire des scenarios[7], c’est-à-dire si rien n’est fait pour limiter le réchauffement climatique. En France, Météo France estime qu’il y aura deux fois plus de vagues de chaleur en 2050, et qu’en 2100 ces épisodes seront plus longs, plus extrêmes et sur une période plus large[8].

Il n’existe pas de définition universelle des vagues de chaleur, mais l’OMM les caractérise par une période de temps inhabituellement chaud (température moyenne, maximale, minimale et quotidienne) dans une région donnée, persistant pendant au moins trois jours consécutifs pendant la période chaude de l’année, avec des conditions thermiques qui dépassent certains seuils, en se basant sur les caractéristiques climatologiques locales.

Des conséquences sanitaires importantes

Les vagues de chaleur ont des impacts sur toutes les dimensions de la vie des populations, y compris des impacts socio-économiques, par l’affaiblissement de la productivité du travail ou encore la perturbation des infrastructures et des moyens de subsistance (interruption de l’alimentation, de l’eau et des transports, risque d’incendie, etc.). Ces épisodes ont aussi, surtout, des impacts directs et indirects conséquents sur la santé des personnes. Elles influent sur leur santé physique, mentale, ainsi que sur les systèmes de santé.

Des périodes prolongées de températures diurnes et nocturnes élevées créent un stress physiologique cumulatif sur le corps humain, qui se manifeste de multiples façons (par des éruptions cutanées, des crampes, des “coups de chaleur”, des insolations, la déshydratation…), et qui exacerbe les principales causes de décès, y compris les maladies respiratoires, cardiovasculaires, certaines formes de diabète (le diabète sucré), les maladies rénales, les accidents vasculaires cérébraux, ainsi que les maladies vectorielles et infectieuses (dengue, paludisme, maladies gastro-intestinales, légionelloses, etc.). Ces dernières sont dues à la recrudescence, par l’augmentation des températures et le réchauffement de certaines régions, d’insectes ou d’animaux vecteurs de ces maladies (moustiques, phlébotomes, tiques, rongeurs) ou de conditions environnementales facilitant la contamination (points d’eau insalubres, etc.). Les allergies sont aussi plus importantes en raison notamment de la multiplication des pollens et de la prolifération d’insectes urticants. Les accidents en période de grande chaleur sont également plus fréquents, tels que les noyades, les incendies ou les accidents de voiture dus aux infrastructures défaillantes (la fonte de la chaussée, par exemple).

En conséquence, les vagues de chaleur déclenchent souvent des urgences de santé publique et entraînent une surmortalité. A titre d’exemple, l’excès de mortalité au cours de l’été 2003 a dépassé le chiffre de 70 000 morts en Europe[9]. On estime à +2% à 5% l’augmentation du nombre de morts par degré Celsius de température supplémentaire[10].

Par ailleurs, la santé mentale des êtres humains est elle aussi affectée par les épisodes de chaleur intense. Des liens ont ainsi été établis entre la hausse des températures, lors de vagues de chaleur, et l’augmentation du taux de suicides, mais aussi celle du nombre de consultations pour troubles psychologiques et mentaux[11].

Enfin, c’est le système de santé lui-même qui peut faillir pendant les vagues de chaleur et ne plus assurer l’ensemble des services envers la population (augmentation des appels aux ambulances et temps de réponse ralentis, augmentation du nombre d’hospitalisation, etc.), que ce soit en raison de coupures d’électricité, d’approvisionnement en eau, ou lié au fait que les transports d’urgence sont engorgés.

(voir la suite de la thématique de recherche sur le site de l'appel à candidature)

Zone géographique de recherche

 

Ce thème pourra être abordé en milieu urbain, dans une zone géographique comportant un ou plusieurs pays. La Fondation a identifié pour cet appel 9 pays prioritaires :

Les pays ciblés constituent une entrée empirique pour les recherches. Ils ne correspondent en aucun cas aux nationalités d’éligibilité du candidat.

En dehors de France, l’accès au terrain sera conditionné par une évaluation précise des risques remise lors de la candidature et mise à jour avant le départ en prenant soin de vérifier au préalable les recommandations du MEAE français.

Institution
Date de candidature
Durée
1 an
Discipline
Humanités
Sciences sociales